Actualité d'Amora-Maille depuis l'annonce du 20 novembre 2008.
« J'étais effondrée, mais maintenant je suis en colère », déclare Michèle Morin, secrétaire du comité d'entreprise sur le site Amora-Maille de Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d'Or) et déléguée CFDT. Jeudi dernier, le groupe a annoncé la fermeture de deux usines, dont le site historique de Dijon, qui entraînera la suppression de 265 postes d'ici au 31 décembre 2009. Maintenant, les salariés exigent des explications. Une cinquantaine de délégués syndicaux sont venus aujourd'hui en bus à Paris pour rencontrer Claudio Colzani, le PDG de la maison mère, Unilever France.
Dans un communiqué, le groupe se justifie en plaidant que la production à Dijon a baissé de près de 42 % en six ans. Quant à l'autre établissement concerné, à Appoigny, plus éloigné mais également en Bourgogne, Amora-Maille explique qu'il est « utilisé à moins d'un quart de sa capacité ». La direction entend donc regrouper la moutarde, le vinaigre et les cornichons sur le site de Chevigny et transférer le Ketchup à son usine espagnole.
Les productions sont parties à l'étranger », dénonce Jean-Pierre Cordier, porte-parole de l'intersyndicale FO-CFDT-CGT. Ainsi, en 2005, la vinaigrette a été délocalisée en République tchèque et le syndicaliste s'inquiète de la construction d'un site en Pologne. « Ils profitent de la crise pour nous balancer ça », estime de son côté Michèle Morin. Sur ce point, les salariés ont reçu l'appui du sénateur-maire PS de Dijon, François Rebsamen. « Il faut qu'Unilever nous explique sa stratégie, qui consiste à fermer une entreprise qui fait 22 millions d'euros de bénéfice à l'année », a-t-il affirmé dès le lendemain de l'annonce. Un argument que rejette le président d'Amora-Maille, Hervé Laureau. « Avoir une structure Amora-Maille qui gagne de l'argent ne veut pas dire que les usines sont compétitives », affirme-t-il. Le rassemblement des activités à Chevigny permettra de réduire les coups de production. « Je comprends l'émotion suscitée par le projet, mais il faut voir au-delà », déclare-t-il.
Sophie Cois - ©2008 20 minutes