Le Bien Public,jeudi 27 novembre 2008
rencontre hier, à paris, autour du plan de restructuration Dialogue de sourds entre les salariés d'Amora et les dirigeants d'Unilever Hier, à Paris, une cinquantaine de salariés d'Amora-Maille sont venus dire non au plan de restructuration prévoyant la fermeture des sites de Dijon et d'Appoigny (Yonne). «LA principale bonne nouvelle, c'est que des élus locaux, de tous bords, sont désormais avec nous. La principale mauvaise nouvelle, c'est qu'Unilever n'a visiblement aucune intention de revenir sur ses projets ». Les mots sont de Jean-Pierre Cordier, délégué FO et porte-parole de l'intersyndicale Amora-Maille. Hier à Paris, une grosse cinquantaine de salariés sont en effet venus défendre les 296 emplois concernés par le plan de restructuration lancé par le groupe Unilever, propriétaire des trois sites Amora-Maille de Dijon, Chevigny-Saint-Sauveur et Appoigny (Yonne). Une délégation a été reçue par Claudio Colzani, P-DG d'Unilever France et plusieurs membres de l'équipe dirigeante, dont Hervé Laureau, P-DG d'Amora-Maille.
Front politique
Aux côtés des salariés, un front uni d'élus locaux se confirme. Hier, les socialistes François Patriat, François Rebsamen et Claude Darciaux, le Nouveau Centre François Sauvadet et l'UMP Rémi Delatte ont participé à la réunion de concertation. Le patron de la Région Bourgogne a vivement regretté « le manque de réponses et d'engagement ferme d'Unilever sur la nature du plan de restructuration », tout en soulignant les « conséquences dramatiques » que pourraient avoir les fermetures des sites de Dijon et d'Appoigny. Le maire de Dijon a quant à lui annoncé qu'il ne « laisserait pas un grand groupe se comporter avec ses salariés comme il le ferait avec des mouchoirs. La moutarde est un élément culturel et patrimonial déterminant pour la ville de Dijon et si une entreprise comme Amora-Maille a réussi à dégager des profits, c'est avant tout grâce à ses salariés ». Enfin, le président du conseil général entend « interpeller rapidement les membres du gouvernement sur la situation d'Amora-Maille. Je souhaite également obtenir rapidement des engagements fermes d'Unilever sur la pérennisation du site de Chevigny. Il nous faut en effet conforter les présences industrielles en les adossant à des sites de recherche ».
Promesses d'accompagnement
Du côté de la direction, Hervé Laureau a répété qu'Unilever « a prévu d'accompagner chacun des salariés concernés par une suppression de poste. Deux offres d'emploi correspondant à leur niveau de formation et à leurs compétences seront proposées à chacun ». Le P-DG d'Amora-Maille a aussi défendu, à sa façon, la campagne de communication lancée par l'entreprise et intitulée « La moutarde de Dijon reste à Dijon ! ». De nombreux salariés l'ont en effet considérée comme « une nouvelle provocation » de la direction. Mais pour Hervé Laureau, « la moutarde va continuer à être produite à Chevigny. Et Chevigny, c'est le Grand Dijon ! »
L'intersyndicale préfère ne pas s'arrêter sur cet épisode et plutôt regarder vers l'avenir.
« Une chance sur un million »
Une table ronde autour du préfet devrait en effet être organisée début décembre. Une grande manifestation de soutien a Amora est par ailleurs d'ores et déjà prévue le 6 décembr, à Dijon. « Il nous reste sans doute une chance sur un million de sauver les emplois » assène Jean-Pierre Cordier. Mais nous sommes prêts à la jouer jusqu'au bout ».
Frédéric JOLY