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Actualité d'Amora-Maille depuis l'annonce du 20 novembre 2008.

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La mobilisation autour d'Amora se poursuit

Le Bien Public,vendredi 28 novembre 2008.


Après leur rencontre, mercredi à Paris, avec les dirigeants d'Unilever (notre édition d'hier), les messages de soutien aux salariés d'Amora-Maille continuent d'affluer. Dernier en date : celui de la CGT du ministère du Travail. Dans un communiqué, elle indique en effet que « rien que pour l'entité Bourgogne Amora-Maille, en 3 ans, 150 millions d'euros ont été reversés au groupe Unilever sous forme de dividendes. Au troisième trimestre 2008, le gain du groupe s'élève à 1,063 milliard d'euros ». Face à de tels chiffres, la CGT du ministère du Travail demande « le maintien des sites de production et de tous les emplois ».
La chambre d'agriculture solidaire
Autre soutien : celui de la chambre d'agriculture de Côte-d'Or. Dans une motion adoptée lors de leur dernière session, ces membres indiquent qu'ils « n'apprécient pas le diktat de cette réorganisation industrielle avec la suppression de plus de 260 emplois sans avoir envisagé, avec les interlocuteurs locaux, des solutions plus adaptées aux enjeux de territoires. Le transfert d'emplois prévu sur la zone de Fauverney, avec FM Logistic, est un leurre, puisque les emplois créés dans cette entreprise sont aidés avec des financements publics, pour compenser les emplois perdus dans le Val de Saône. Les entreprises d'Amora ne sont pas situées sur la zone des actions Copieval, d'où l'interrogation d'un tel transfert. Quel intérêt d'avoir pris des terres agricoles pour en faire un site industriel alors que des bâtiments industriels existants sont vidés de leur activité ? Le pôle « recherche », soutenu par les financements des collectivités, confortait la valeur du patrimoine « Moutarde de Dijon » et le pôle « Goût nutrition santé » en Bourgogne. Son transfert marque le peu d'intérêt porté par l'entreprise pour notre région ».
Depierre et Rebsamen pas d'accord
Par contre, le front d'élus locaux montés aux côtés des salariés semble déjà se lézarder. En effet, mardi, lors de la séance de questions à l'Assemblée nationale, Bernard Depierre a interpellé Hervé Novelli, secrétaire d'Etat à l'Industrie, en soulignant « le cataclysme économique et le drame humain et social de cette restructuration des usines de production du groupe Unilever ». Mais le député UMP de la première circonscription a aussi pointé du doigt la fiscalité locale : « Depuis des mois, le gouvernement bataille pour soutenir l'économie. Or, pendant ce temps, dans quasiment toutes nos régions, en Bourgogne en particulier, les élus socialistes aux commandes s'acharnent à vider les poches des entreprises avec une fiscalité locale en explosion. En Bourgogne, les entreprises doivent faire face à une augmentation de 75 % du taux d'imposition de la taxe professionnelle et à une majoration de 80 % du versement transport ». Une intervention qui a fait bondir François Patriat, président de la Région Bourgogne, et François Rebsamen. Chiffres à l'appui, le maire de Dijon a démontré combien « prétendre qu'Unilever ferme Amora-Maille à cause de la taxe professionnelle à Dijon est faux et ridicule. L'intervention de Bernard Depierre affaiblit le soutien des élus aux salariés d'Amora ».
Alain Houpert a écrit au P-DG d'Amora
Toujours parmi les politiques, Rémi Delatte a assuré très tôt « son soutien actif aux salariés ». Il était d'ailleurs à leurs côtés mercredi, à Paris. Mais le député UMP de la seconde circonscription considère également que « la situation d'Amora-Maille constitue une alerte forte pour les collectivités locales à modérer la fiscalité des entreprises, si elles ne veulent pas compromettre l'attractivité de notre région ». Enfin, le sénateur divers droite Houpert a écrit à Hervé Laureau, P-DG d'Amora-Maille pour lui demander « le retrait de la décision de fermer le site de production de Dijon » ou, au moins, « d'accepter que les salariés qui seront reclassés le soient à salaire équivalent, à prime de vacances équivalente, sans oublier l'intéressement et la participation aux résultats de l'entreprise ».
Frédéric JOLY

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