Hier, plus de trois mille personnes ont défilé à Dijon, pour sauvegarder les sites Amora. De nombreux élus étaient dans le cortège. BEAUCOUP de monde hier en début d'après-midi, dans les rues de Dijon. Plus de trois mille personnes, ont en effet manifesté pour sauver les sites Amora-Maille menacés de fermeture et demander le retrait du plan social qui pointe dans les ateliers du moutardier. Une belle brochette d'élus avait pris la tête de la manifestation.
Ainsi l'on reconnaissait le président du conseil régional, François Patriat, le président du Grand Dijon, maire de Dijon et sénateur, François Rebsamen, le député Rémi Delatte ou les conseillers généraux, Ludovic Rochette et François-Xavier Dugourd. Mais de nombreux Dijonnais anonymes se trouvaient aussi dans la rue, aux côtés des salariés. Une belle mobilisation donc qui est allée droit au cœur des représentants syndicaux, à l'instar de Sylvain Pépin, le délégué CFDT qui s'est exprimé dans un porte-voix, peu avant que le cortège ne s'ébranle, pendant près de deux heures, dans les rues du centre-ville.
« C'est scandaleux ! »
« Je remercie tous ceux qui sont venus nous rejoindre spontanément. Ce plan social est scandaleux, inacceptable et intolérable. A la veille de noël, des centaines de familles sont abattues par la fermeture de ce qui est une fierté de tous, notre identité et notre savoir-faire qui rayonne dans le monde entier ! ». Et le syndicaliste d'estimer qu'Unilever a les moyens de développer ses marques, pas à la faveur de délocalisations, mais sur ses sites bourguignons déjà existants. Les membres de l'intersyndicale l'ont encore relevé. Ils comptent en effet sur les élus pour porter les revendications et les inquiétudes des salariés. Ils souhaitent notamment obtenir un rendez-vous avec le ministre du Travail, Xavier Bertrand.
En attendant, François Sauvadet, le président du conseil général de la Côte-d'Or, a indiqué dans la soirée, qu'il participera à un entretien avec le secrétaire d'Etat à l'Industrie et à la Consommation, Luc Chatel. Ce devrait être durant la première quinzaine du mois de janvier, en présence également de représentants d'Unilever France. Un groupe dont les oreilles des responsables ont du siffler, à l'énoncé des slogans, répétés à l'envi dans les haut-parleurs et sur les banderoles.
« Unilever a décidé de nous enlever ce qui est parmi les choses les plus importantes à nos yeux : notre travail. C'est un fournisseur officiel de chômeurs » pouvait-on entendre. Mais pour l'industriel, regrouper ses activités à Chevigny-Saint-Sauveur, au détriment de l'usine historique de Dijon et de son centre de recherche, du site de cornichons d'Appoigny dans l'Yonne et du centre de logistique de Chevigny, avec pour conséquence au moins 265 emplois supprimés se justifie par des impératifs de compétitivité. « Faux » rétorquent François-Xavier Sanchez, au nom de la CGT et Denis Mangione, pour FO. « La concurrence dont parle Amora, en Europe de l'Est, elle l'a créée elle-même. Elle est interne !»
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Christophe MORINEAU-COOKS,Le Bien Public 07-12-2008