Le traditionnel arbre de Noël organisé hier n'a pas rencontré le succès des années précédentes. Les parents présents l'étaient avant tout pour leurs enfants.
Les salariés d'Amora Maille se souviendront de leur Noël 2008. Hier après-midi, on ne peut pas dire que leur moral était au beau fixe. Et pourtant. Les parents invités par les comités d'entreprises des sites de Dijon et de Chevigny ont fêté le traditionnel arbre de Noël. Malgré l'annonce le 20 novembre du plan de restructuration, ils y étaient d'abord pour leurs enfants.
Si les Amora refusent qu'on leur parle d'un « dernier Noël », ils n'en sont pas pour autant dupes, conservant une touche d'optimisme. « On espère que ce ne sera pas le dernier ; on est toujours dans l'optique de ne pas fermer », confiait Xavier Vossot, secrétaire du CE dijonnais. Reste que l'ensemble des salariés vient de recevoir un document leur annonçant une réunion avec le PDG d'Unilever le 6 janvier. « C'est un coup de massue pour tout le monde. On saura ce que sera, dans le détail, la réorganisation, quel service de production partira... »
« Pas le cœur à faire la fête »
Hier, alors que les enfants assistaient à un spectacle, les parents, eux, n'hésitaient pas à se confier. « J'ai une fille de 10 ans, elle est complètement déboussolée », poursuit Xavier Vossot. Didier Roche, lui, a deux enfants, âgés de 5 ans et de 11 ans. « Les gens n'ont pas le cœur à faire la fête. On essaie de se remonter le moral entre nous. Vous savez, nos épouses pleurent, les enfants demandent s'ils auront leurs cadeaux... »
Autre témoignage, celui de Souad Sabir, 32 ans, mère de trois enfants. « On le vit mal, on pense que c'est le dernier Noël d'Amora. Par rapport à l'an passé, c'est mort. » Effectivement, la salle réservée était à moitié vide. Des propos que d'autres parents ont tenu à nuancer. « C'est un jour pour les enfants, pas pour Amora. Que les enfants profitent du spectacle ! » soulignait Sandrine, mère de trois enfants elle aussi.
Fabrice, quant à lui, reconnaît que « l'engouement » de cet arbre de Noël 2008 « est en baisse, qu'il y a une réelle désaffection ». Et ce père d'une petite fille d'observer que les enfants dont les parents sont menacés par la restructuration « réagissent en adultes. Ils s'informent tout seuls, ils en parlent entre eux. A nous de leur expliquer ce qui se passe et ce qui est possible. Quant à dire si c'est le dernier Noël Amora, on n'en est pas là, on ne va pas gâcher cette fête-là. »
Emmanuel HASLE
dimanche 14 décembre 2008