Une question mérite d'être posée : sommes-nous réellement en crise ? Au vu de certains chiffres, le doute n'est plus permis !
IL y a d'abord eu la crise financière internationale et ses retombées sur l'économie. Il y a également eu ces vagues de fermetures et de licenciements qui n'ont pas épargné notre région, dont la plus emblématique concerne l'annonce des 244 licenciements chez Amora à Dijon.
Pourtant, il y a toute une partie de l'économie régionale qui semblait tourner rondement. Du coup, on en venait à douter des effets de la crise tant annoncée.
Malheureusement, les cumulo-nimbus apparaissent bien à l'horizon. Le ciel s'obscurcit rapidement, si on en croit les derniers relevés statistiques fournis par l'INSEE.
Le titre de cette étude de conjoncture économique ne laisse planer aucun doute : « Un troisième trimestre 2008 difficile » d'autant que le premier trimestre avait été marqué par un « franc ralentissement » et que pire encore : « les prévisions pour le quatrième trimestre sont préoccupantes ».
Personne n'est épargné, car l'activité bourguignonne continue de faiblir dans tous les secteurs, même dans la construction qui avait pourtant été dynamique au cours des dernières années et les exportations se réduisent, tandis que la création d'entreprises diminue et que le taux de chômage s'accroît légèrement !
Des prévisions préoccupantes
Dans le style « Vous avez aimé ce troisième trimestre, vous allez adorer la suite », les enquêtes d'opinion réalisées auprès des chefs d'entreprise montrent que c'est toute l'activité industrielle qui a baissé et les carnets de commande continuent de se dégarnir. C'est particulièrement vrai dans le bâtiment, où le gros œuvre, comme le second œuvre sont également touchés.
Dans les travaux publics, l'activité se dégrade fortement.
Plus étonnant, car ce n'est pas toujours l'enseignement qu'on pouvait retirer de certains témoignages recueillis sur le terrain, le commerce de détail continue aussi de souffrir. Le rythme d'activité se replie aussi dans les services.
Tous les secteurs sont touchés
Pour le 4e trimestre 2008, les perspectives de production et de demande dans l'industrie bourguignonne restent orientées à la baisse presque partout.
L'activité des travaux publics continuerait également de s'amenuiser. La chute de la demande inquiète forte ment les entrepreneurs, qui anticipent un début d'année 2009 déprimé.
Le commerce n'est pas mieux loti avec des intentions de commande qui s'annoncent toutes à la baisse, tant dans le commerce de détail que dans le commerce de gros.
Pas étonnant, si on considére le niveau des stocks de vêtements juste avant le début des soldes. On peut penser que la leçon ne sera pas oubliée.
On peut supposer qu'une partie des commerçants qui ne sont pas franchisés ou membres de grandes enseignes feront des commandes moins importantes pour les collections automne-hiver de la fin 2009.
Il y a donc des chiffres qui nous montrent le niveau des baisses at- teint, dans quasiment tous les grands secteurs de l'économie bourguignonne. Il y a aussi les sondages d'opinion des patrons qui témoignent d'une grande morosité.
Ce sont autant de données qui ne peuvent guère inciter à un grand optimisme pour l'année nouvelle qui commence à peine.
Franck BASSOLEIL