La moutarde a beaucoup fait parler d'elle ces derniers temps avec la restructuration annoncée d'Amora -Maille. Mais que deviennent les autres fabricants de moutarde ?
SUR le marché de la moutarde, EdC (Européenne de condiments) se positionne comme le numéro 2 avec 27 000 tonnes fabriquées par an. « La moutarde représente la majorité de nos activités, plus de 80 %de notre chiffre d'affaires », souligne Michel Liardet, directeur général d'EdC dont le siège se situe dans la zone industrielle de Couchey.
« Si le marché est à la baisse (- 5 % en volume), cela s'explique, certes par l'environnement économique, mais surtout pour le manque important d'innovation dans ce domaine. »
C'est pourquoi EdC a lancé l'an dernier un concept novateur, « Téméraire La Moutarde des chefs », avec dans l'idée de développer de nouveaux usages pour ce condiment.
« La moutarde redevient ainsi un ingrédient culinaire à part entière », affirme-t-il. « Cette gamme qui compte huit références se décline en deux types de produits pour cuisiner à chaud ou à froid. »
Dans l'Hexagone, Européenne de Condiments vend majoritairement en grande distribution (soit sous la marque Téméraire, soit sous les marques de distributeurs).
Reine de Dijon SAS, quant à elle, « n'arrive pas à vendre sa marque sur le marché français. On se heurte à un mur de la distribution », explique son directeur général Luc Vandermaesen.
C'est pourquoi ce fabricant de moutarde implanté à Fleurey-sur-Ouche travaille essentiellement avec des MDD (marques de distributeurs), des grossistes, des industriels (car la moutarde fait partie des ingrédients destinés à préparer de nombreuses sauces), des restaurateurs… Mais là, « on ne vend pas vraiment une marque », déplore-t-il.
Très peu présente en grande distribution, Reine de Dijon SAS (12 000 tonnes de moutarde en 2008), travaille notamment en Bourgogne avec un réseau de petits commerces et d'épiceries fines.
« On propose également une vingtaine de moutardes aromatisées qui se vendent bien même si le marché reste marginal. On essaye de sortir régulièrement des nouveautés. Trois nouvelles saveurs (curry - coco, ananas et poivre de Séchouan, cajun) ont été fabriquées la semaine dernière et devraient se retrouver prochainement dans les magasins. »
Une soixantaine de pays
Hormis la France, le marché de la moutarde se développe considérablement à l'export. « On vend de la moutarde dans une soixantaine de pays. L'Afrique est un gros marché tout comme l'Europe, le Japon ou encore les USA (malgré les 100 % de droits de douane qui sont en vigueur depuis 1999) », indique Luc Vandermaesen.
« De manière générale, la moutarde classique traditionnelle est plébiscitée hormis en Angleterre et au Japon. Ces deux pays préfèrent la moutarde à l'ancienne avec les grains apparents. »
Du côté d'Européenne de condiments, l'activité export est également importante : et représente 25 % de leur chiffre d'affaires. « On exporte dans le monde entier en Europe (Allemagne, Royaume-Uni, Tchéquie…), aux USA, au Canada, en Australie, au Japon et même depuis peu en Chine… », déclare Michel Liardet précisant que « la marque Bornier a été supprimée il y a quatre ans de cela en France. En revanche, elle continue de se vendre à l'export : en Tchéquie, par exemple, elle demeure la marque leader… »
Isabelle DECAUX
Le Bien Public,le vendredi 16 janvier