Actualité d'Amora-Maille depuis l'annonce du 20 novembre 2008.
C'est l'idée soulevée par Patrick Devedjian, ministre de la Relance. "Amusant", selon Marc Fiorentino...mais il faudrait plutôt réformer le système des bonus, conseille le président d'Euroland-Finance.
Patrick Devedjian suggère qu'on instaure un malus pour les patrons qui ont de mauvais résultats. C'est un bonne idée ?
C'est une idée amusante, parce qu'elle choque et qu'elle oblige à réfléchir. Mais elle est impossible à mettre en place. On peut toujours demander aux dirigeants d'entreprise de rendre une partie de leur rémunération si leurs objectifs ne sont pas atteints... Mais je parie qu'ils se feraient voter des salaires plus élevés pour anticiper la possibilité d'une perte.
A défaut de malus, l'Etat a réussi à imposer un gel des bonus dans certains secteurs... Ça vous paraît normal ?
Complètement. Les secteurs concernés - la banque, l'automobile - sont ceux à qui il distribue des aides. Il est donc en droit d'exiger des contreparties. Mais même dans les autres secteurs, vous allez voir que les bonus vont baisser. Les actionnaires vont faire pression, parce qu'ils ont vu leurs dividendes diminuer, et qu'ils ne veulent pas être les seuls à trinquer.
Les bonus, c'est fini ?
J'espère que non ! Il faut aller au-delà des gestes un peu théâtraux auxquels on assiste en ce moment et réformer profondément le système des bonus, qui n'est pas mauvais en soi. A condition qu'ils ne récompensent pas seulement les patrons des grandes entreprises, mais l'ensemble du management. L'enveloppe allouée à ce bonus ne doit pas être uniquement basée sur la performance de l'action en Bourse, mais aussi sur les résultats, c'est à dire les bénéfices dégagés. Surtout, le bonus devrait être versé essentiellement en actions, à 70%, et pas seulement en cash.
Pourquoi ? Les dirigeants risquent d'être tentés de privilégier une vision de court terme basée sur le cours au jour le jour...
Non. Le modèle que je décris, c'est celui des entreprises familiales. Il a fait ses preuves : les entreprises dont le capital est entre les mains des dirigeants créent plus de richesse que celle qui ont porté à leur tête des hauts fonctionnaires rémunérés comme des princes.