Actualité d'Amora-Maille depuis l'annonce du 20 novembre 2008.
PARIS (Reuters) - La République tchèque
a vivement réagi vendredi aux propos de Nicolas Sarkozy, qui s'était déclaré la veille opposé à la délocalisation des usines des constructeurs français d'automobiles vers ce pays.
Le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, dont le pays préside pour l'instant l'Union européenne, a publié un communiqué dans lequel il dit "ne pas comprendre l'argument selon lequel il est injustifiable de fabriquer desvoitures pour le marché français en République tchèque".
"De mon point de vue, il s'agit d'une décision complètement légitime et volontaire de ces entreprises ainsi que du respect des principes du marché unique européen", ajoute-t-il en disant s'exprimer "en tant que président du Conseil européen".
"Les tentatives de mettre à profit la crise financière pour introduire de telles formes de protectionnisme (...) peuvent ralentir et menacer la reprise économique en Europe de même que la confiance des consommateurs et des investisseurs", poursuit-il en faisant état de "graves doutes" sur ces propos.
La Chambre tchèque de commerce n'a pas non plus apprécié.
"Par ses déclarations, le président français a donné un signal indirect de déconstruction de l'Union européenne", peut-on lire dans un communiqué.
Dans son intervention radiotélévisée jeudi soir, le président français s'est déclaré opposé à ce qu'"une nouvelle usine s'installe en Tchéquie ou ailleurs".
"Je veux qu'on arrête les délocalisations et que si possible on relocalise", a-t-il expliqué devant 15 millions de téléspectateurs.
"Alors, les dirigeants des grands groupes me disent 'ce sont des gens compétents et honnêtes, des industriels', ils me disent 'vous comprenez, pour construire la même voiture en Tchéquie - l'Union européenne - et en France, c'est mille euros de différence'", a-t-il poursuivi.
Nicolas Sarkozy n'a pas cité de constructeur mais PSA Peugeot-Citroën possède une coentreprise avec Toyota Motor Corp. en République tchèque.
LES TCHÈQUES "FONT CE QU'ILS PEUVENT"
L'une des conditions du plan d'aide français en préparation pour le secteur automobile sera l'engagement de ne pas délocaliser la production, notamment vers les pays de l'Est.
Nicolas Sarkozy, qui a présidé l'Union européenne au second semestre de 2008, s'était déjà attiré mercredi les foudres de Prague en proposant une nouvelle réunion au sommet de l'Eurogroupe, dont ne fait pas partie la République tchèque.
A Strasbourg, le vice-Premier ministre tchèque, Alexandr Vondra, a déclaré à Radio Prague que, tandis que la France foisonnait d'idées et prétendait multiplier les sommets, la présidence tchèque, elle, travaillait dur pour qu'au moins quelques-unes de ces idées soient réalisées.
"Les Tchèques, ils font ce qu'ils peuvent", a répondu jeudi le président français.
Il a aussi fait allusion lors de son intervention à l'économie britannique, en piètre état selon lui : "Quand on voit la situation au Royaume-Uni et la situation aux Etats-Unis, on n'a pas envie de leur ressembler."
Mais le porte-parole du Premier ministre, Gordon Brown, a indiqué vendredi que "l'Elysée" - sans précision sur l'auteur de l'appel - avait contacté le 10, Downing Street pour assurer "que ces remarques ne doivent pas être prises comme une critique de la politique économique britannique, ce qui est sympathique".
En revanche, aucun des "paradis fiscaux" pointés du doigt jeudi par Nicolas Sarkozy n'a officiellement réagi.
Le président français a souligné qu'il irait au sommet du G20 du 2 avril à Londres pour prendre des mesures structurelles, notamment pour lutter contre ces pays ou territoires.
"Ça m'amènera à revoir nos relations avec Andorre, à poser la question de nos relations avec Monaco, par ailleurs qui n'est pas un paradis fiscal mais enfin il y a des choses que nous devons préciser. Et également ça nous amènera à poser un certain nombre de questions à nos voisins luxembourgeois", a-t-il dit.