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Actualité d'Amora-Maille depuis l'annonce du 20 novembre 2008.

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Négociations rompues et blocus maintenu

C'est sur un constat d'échec que s'est terminée cette journée de négociation qui était censée régler le conflit chez Amora-Maille.
EN ces temps de crise économique, le conflit Amora est devenu tellement symbolique et porteur de sens qu'il a été choisi par la chaîne hollandaise NOS Television pour illustrer le futur sommet du G20 : « Nous allons dresser le portrait de plusieurs familles touchées par la crise dans le monde entier. En tant que correspondante parisienne pour la télévision hollandaise, quand on m'a demandé de trouver une production française typique, j'ai tout de suite pensé à la moutarde Amora, d'autant que le groupe Unilever est hollandais ». C'est ainsi que Brigitte et Pierre, tous deux ouvriers à Appoigny (Yonne) feront partie de ce panel. Pierre cumule 29 ans d'ancienneté dans la maison. Carriste polyvalent, il gagne 1 480 € net. Sa compagne est intérimaire et comme elle n'a pas de moyen de locomotion pour être mobile, son destin au sein du groupe est scellé. Pierre fait partie de ces salariés d'Amora qui se déclarent fatigués et pour le moins désabusés. Il n'hésite pas à dire qu'il n'envisage pas de continuer à travailler dans le groupe. Pourtant, les traites et les factures ne vont pas se solder toutes seules. Il espère seulement toucher une prime suffisante pour pouvoir partir dans des conditions décentes. S'il n'est pas le seul à afficher cet état d'esprit, il est pourtant loin de représenter la majorité.
Un sentiment d'injustice
Avec force banderoles, trompettes, klaxon et jets de pétards, les Amora-Maille ont manifesté toute la journée d'hier, devant l'hôtel Mercure à Dijon où se déroulaient les négociations entre la direction et l'intersyndicale. Un bus a déversé en début de matinée, une délégation de salariés, venus du site d'Appoigny, pour renforcer la présence, assurée en grande partie par les ouvriers dijonnais. Dans le même temps, ceux du site de Chevigny-Saint-Sauveur veillaient sur « le trésor de guerre » gardé dans les entrepôts. Pas moins de 30 000 palettes, représentant au bas mot un mois de production, qui ont été bloquées. Quand on sait que ce site reçoit quotidiennement, une centaine de poids lourds, on comprend que c'est tout le groupe qui est menacé d'asphyxie.
Pourtant, le sentiment qui prévalait, hier, parmi les grévistes était loin d'être triomphaliste. Tous ont le sentiment d'un immense gâchis. L'un d'eux nous résumait assez bien ce sentiment général : « A Dijon, nous avons toujours été les pompiers de service à qui la direction a toujours demandé de gros sacrifices. Quand il a fallu lancer la vinaigrette, on l'a fait en six mois. Quand il a fallu lancer de nouveaux flacons, il y a deux ans, on les a produits en six mois, alors que les Espagnols ont mis une année à s'adapter. Puis, on nous a imposé les trois huit et on l'a fait encore. Bien sûr, on était content, car ça nous rapportait, mais maintenant qu'on s'est habitué à gagner et qu'on a fait des emprunts pour une maison, on nous met à la porte ! »
Le chaud et le froid
En arrivant hier matin devant l'hôtel où allaient se tenir ces négociations, les ouvriers savaient que la journée serait longue et douloureuse.
L'essentiel du plan social avait été accepté, mais l'intersyndicale rencontrait la direction pour discuter du montant et des modalités de la « prime de préjudice », proposée par la direction, dans le cadre du livre 3. La direction proposait une prime de 12 000 €, variable, en fonction de l'ancienneté. Les syndicats demandaient une prime identique pour tous. Ils s'asseyaient autour de la table, avec une nouvelle proposition, puisqu'ils avaient revu à la baisse leurs prétentions : 320 000 €, au lieu des 400 000 €, demandés initialement.
Aux propositions de reclassements de la direction, les syndicats opposaient une grande vigilance, car certains de ces reclassements prévoyaient des départs volontaires pour la Tchéquie ou la Pologne, assortis d'une prime de 10 000 €. A son arrivée, Sylvain Pépin, délégué CFDT, en accord avec Patrick Dubois, secrétaire au CCE prévoyait des actions plus radicales, si d'aventure les négociations ne devaient pas aboutir. De son côté, la direction avait clairement annoncé qu'elle voulait à tout prix, arriver à un accord de sortie de crise.
Malheureusement, les négociations s'arrêtaient à 20 h 15, sur un constat d'échec. Le blocus et la grève étaient maintenus.
Franck BASSOLEIL,le 24-03-2009,Le Bien Public.
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