"Les timbres, cette année, on sera pas nombreux à les payer!" A la sortie de l'hotel dijonnais où l'accord venait d'être signé, ce salarié d'Amora ne décolérait pas en livrant de manière claire la façon dont il allait envisager son avenir d'adhérent à un syndicat. "C'est pas la peine d'appeler à manifester tous les 2 mois pour nous faire un coup comme ça!" lançait une deuxième.
Pour comprendre l'origine de cette colère, il faut remonter à mercredi. Le 25 Mars marquait donc, en théorie, la limite pour la signature du protocole d'accord mettant fin au conflit. Les représentants de l'intersyndicale étaient conviés par la direction d'Amora à une ultime Réunion, de laquelle est d'ailleurs sortie la décision de repousser l'échéance de la signature à hier 15 heures.
Le reste, c'est Jean Pierre CORDIER (FO Dijon) qui en témoigne: " La réunion de mercredi soir était fixée à 18h. A 17h45, Bernard DESCHAMPS notre collègue de la CFDT, reçoit un coup de téléphone de sa confédération qui lui dit qu'il faut qu'il signe cet accord, sinon, il ne fera plus partie de la CFDT. Ces pressions sur un collègue syndiqué de la part de sa confédération sont scandaleuses. Sur le terrain, nous étions unis syndicalement mais tout cela n'à servi à rien parce que nous avons été court-circuités par les centrales parisiennes. Nous avons vraiment le sentiment qu'on est passé au dessus de nos têtes pour négossier avec la direction d'Amora. En agissant de cette façon ils nous ont mis dans la merde !!!".
Ne pas prendre le risque de tout perdre :
Bernard Deschamps, pour sa part, qui avait veçu le matin même face aux grévistes de Chevigny un moment difficile après avoir annoncé qu'il signerait l'accord, revenait sur cette soirée de mercredi :
"J'ai effectivement subi des pressions mais le fait d'être viré de la CFDT n'est pas ma principale inquiètude. On m'a demandé de ne pas prendre le risque de tout perdre pour les salariés et il est vrai que beaucoup de personnes, notamment d'Appoigny, m'ont contacté pour qu'on signe l'accord et qu'elles partent avec quelque chose. A titre personnel, c'était aussi ma conviction, parce que, faute d'accord, la direction menaçait de fermer tous les sites.Unilever ne voulait plus entendre parler d'Amora".
"Durant ce conflit concluait Jean-Pierre Cordier, Bernard Deschamps a été un syndicaliste irréprochable". Parmi les grévistes en colère, hier, beaucoup estimaient qu'il aurait dû démissionner, plutôt que de signer.
Berty Robert (Pien Public) ,par Salariés Amora-Maille FO et CFDT