Alors qu'il y a 10 ans on comptait à peine 1 000 hectares de champs de moutarde en Bourgogne, cette surface, depuis, a plus que triplé.
Le saviez-vous ? Dans les années 1980-1990, on ne trouvait plus de champs de moutarde en Côte-d'Or, pas plus que dans le reste de la Bourgogne. Un comble pour le berceau historique de la moutarde !
Jérôme Cadet, 35 ans, agriculteur à Fontaine-Française et président de l'Association des producteurs de graines de moutarde de Bourgogne (APGMB), raconte : « En 1990, un professeur de l'Etablissement national d'enseignement supérieur agronomique de Dijon (Enesad) et le directeur d'Amora sont allés trouver le directeur de la chambre d'agriculture de la Côte-d'Or, avec la volonté de relancer la production de graines de moutarde sur le sol bourguignon.
C'est suite à cette initiative qu'est née l'as- sociation moutarde de Bourgogne (AMB), qui réunit agriculteurs et fabricants de moutar- de. Aujourd'hui, c'est la chambre d'agriculture qui coordonne cette filière. Elle conseille les agriculteurs, notamment ceux qui essaient de réintroduire la moutarde dans leurs rotations.
A la fin des années 90, on ne comptait que 500 hectares de champs de moutarde. Début 2000, on est monté à 1 000, pour arriver à 1 600 hectares en 2008. Cette année, on a semé 3 400 hectares, ce qui est très encourageant. »
250 agriculteurs intéressés
L'agriculteur reprend : « On a réussi à intéresser 250 agriculteurs cette année, contre 130 l'an passé. Un des facteurs de cette réussite tient au compromis qu'on a trouvé avec les industriels, qui achètent l'ensemble de la production à des prix qui intègrent notamment la part de risque liée au gel et aux parasites ».
Ces fabricants de moutarde ne sont aujourd'hui plus que quatre en Bourgogne. Il s'agit d'Amora-Maille (plus pour très longtemps), de l'Européenne de condiments, de la maison Fallot et de Reine de Dijon. Ces quatre fabricants font tous partie de l'AMD, ce qui prouve leur intérêt dans la production locale de graines de moutarde.
Un chercheur de l'Enesad, Thierry Guinet, recherche et sélectionne les meilleures graines de moutarde. On cherche les graines les plus résistantes au froid, afin de les planter plus tôt dans l'année et avancer le fleurissement. »
Un des buts de l'AMD, outre le fait d'atteindre les 4 000 hectares de champs de moutarde, est de promouvoir la « moutarde de Bourgogne ». Celle-ci devrait recevoir dans 6 mois une Identification géographique protégée (IGP), ce qui lui permettra, contrairement à sa grande sœur de Dijon, fabriquée aux quatre coins de la planète, d'être produite uniquement sur notre bon vieux sol bourguignon !
Un logo du cru… et une production qui entend rester en Bourgogne Le Bien Public,lundi 4 mai 2009,Nicolas ROUILLARD http://www.bienpublic.com/actu/region/20090504.BPA3354.html