"Je suis célibataire : 06 25 24 63 06". En grosse lettre sur sa voiture bleue, Patrick Chirac l'affirme : il "a changé". Ni une ni deux, nous avons donc appelé ce numéro et la voix sensuelle de celui qui cherche l'amour nous a accueillis. Séducteur invétéré, il se dit même près à "mettre le frein à main et à s'engager durablement", pour le meilleur comme pour le pire... Avec 5,5 millions d'entrées pour le premier opus, Camping 2 arrive sur les écrans le 21 avril 2010 : "Aujourd'hui, les personnages de Campingsont comme une grande famille, explique le réalisateur, Fabien Onteniente. Au camping Les Flots bleus, sur la carte des emplacements, le numéro 17 n'est plus visible car plusieurs millions de doigts se sont posés dessus !". De son côté, c'est Franck Dubosc, lunettes noires sur le nez, qui a décidé de mener le début d'une conférence de presse quelque peu particulière pour le compte du Journal "Dijon Libre". Dérapages assurés...
Célibataire endurci, Patrick Chirac, interprété par l'humoriste Franck Dubosc, est toujours à la recherche d'un emploi. Licencié d'Amora, il affirme même que la fermeture de l'usine historique de Dijon est un coup du sort, effectué "pour être raccord avec le film !". L'occasion pour l'équipe d'aborder le sujet de la fabrication des cornichons, du devenir des licenciés avant de revenir dans le droit chemin, c'est-à-dire le film. Car, même s'il avoue ne pas avoir encore trouvé de logement dans la Capitale des Ducs, Franck Dubosc affirme que c'est presque par hasard que la ville a été choisie : "Il fallait que l'on trouve pour nos protagonistes des villes de la vraie France. C'est triste comme définition mais Dijon, tout le monde connait mais personne ne s'y arrête." La suite, on la connait : un slip bleu, un t-shirt rose et une attitude totalement décalée ont fait de Patrick le stéréotype parfait du beauf. "Certains ont pu se sentir vexé, reconnaît Franck Dubosc, mais il n'y avait aucun préjugé de départ!"
Mais alors, le personnage a-t-il évolué ? De l'aveu même du principal concerné, il a "évolué dans ces projets" tout en cultivant toujours cette attitude puérile d'un enfant de 5 ans : "Il faut toujours garder ce qu'on aime des personnages. Lorsque je vais voir Charles Aznavour, je veux qu'il me chante La Mama. La mama de Patrick, c'est son t-shirt rose et son maillot de bain, non rembourré bien sûr!" nous assure-t-il, avant de plaisanter avec la finesse qui le caractérise : "Imaginez : le jour où il y aura le film en 3D, les spectateurs auront mon paquet sur les genoux!". A l'extérieur de l'Hôtel, quelques fans attendent leur idole : "On se retrouve tous plus ou moins dans Campinget dans les personnages", plaisante l'une d'entre elles. C'est ce point que l'équipe a souhaité accentuer : "Nous avons voulu ancrer le personnage dans son contexte par des petites phrases comme :"Je ne suis pas en vacances mais au chômage", "J'ai une semaine de moins car c'est la crise", ou par des attitudes comme le fait de découper des coupons de réduction". Personnage à la fois rigolo et sympathique, Chirac transmet humblement un message et soutiendra le petit nouveau, JP ou Jean-Pierre Savelli, un cadre moyen de 45 ans, joué par Richard Anconina et accessoirement en "break" amoureux...
Le film étant un phénomène à lui tout seul, les deux avant-premières organisées jeudi 15 avril 2010 au soir étaient complètes depuis plusieurs jours. Et, dans la rue, beaucoup se rappellent d'un film qui, sans être un chef d'œuvre du cinéma, semble avoir marqué les esprits. Certains voient pourtant d'un mauvais œil l'image véhiculée de la ville : "Les Dijonnais sont déjà assez froids! Campingles montre en plus comme des beaufs d'un autre âge", s'insurge cette mère de famille. Un sentiment qui est loin de faire l'unanimité, la plupart des spectateurs prenant ce film au second degré : "Bien sûr l'usine Amora a aujourd'hui fermé mais pour une fois, ca fait plaisir que l'on entende parler de Dijon au cinéma!" Avant qu'un groupe de jeunes, non sans une surexcitation poussée, ne prennent le chemin du cinéma pour être les premiers dans la salle. Certains pousseront même le vice plus loin en se rendant à l'avant-première vêtus de la tenue fétiche de leur idole... La "beaufitude", ils assument!
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