Amora-Maille relocalise la sauce salade en France ,on le savait déja mais ce n'est pas la seule société "Made in France" qui rapatrie ses produits.
Les sociétés qui ont délocalisé vers les pays de l'Est et en Asie sont déçues par la qualité des produits mais pas seulement.
Un exemple,le taux main-d'oeuvre directe en France est de 30€/h,en Roumanie 6€/h.
Mais il y a des coûts cachés :
Productivité : (<40% par rapport à la France) +4€/h.
Encadrement : (1/2)+6€/h
Non qualité : (20%)+2€/h
Transport : 3€/h
Frais personnel : +15€/h
Finalement un ouvrier roumain coûte 6€ de plus qu'un ouvrier français.
A quand le retour du moulin à café ou du presse-purée Moulinex à Alençon ? On en est encore loin, mais depuis quelques mois, les exemples d'entreprises françaises qui quittent l'Asie et l'Europe de l'Est pour reprendre le chemin de la France se multiplient. Le groupe de meubles Parisot et Décathlon ont déjà franchi le pas. Les jouets Smoby y réfléchissent encore. Certes, les relocalisations ne sont pas massives, mais elles attestent pourtant d'un changement profond des règles du jeu de la mondialisation. Une qualité qui laisse parfois à désirer, des produits trop standardisés, l'impossibilité de réapprovisionner les stocks rapidement… pour les entreprises françaises qui ont fait le choix de produire à l'étranger, le réveil peut être difficile. Dans le même temps, la Chine et les pays à bas coûts ont perdu un peu de leur attrait. La faute à des cours du pétrole qui jouent au yo-yo et aux augmentations de salaires. En Roumanie, les ouvriers de Dacia, filiale de Renault, n'ont-ils pas obtenu, après trois semaines de grève, une augmentation de 133 € brut par mois l'an dernier ? Chez Nike, les salariés vietnamiens se sont battus pour décrocher une hausse de 8 % de leur rémunération, soit 15 € de plus par mois… Dans les pays émergents, la montée en puissance des revendications sociales pourrait bien finalement aider Nicolas Sarkozy dans ses ambitions, lui qui veut garder des usines en France. Lors de son allocution télévisée jeudi dernier, le président a souhaité « qu'on arrête les délocalisations et que si possible on relocalise ». Des emplois qualifiés Un message qui s'adressait en particulier aux constructeurs automobiles PSA et Renault, qui ont reçu hier 6 milliards d'euros de prêts. En échange, ils se sont engagés à ne pas fermer de sites en France. Iront-ils jusqu'à relocaliser la production de la Logan, par exemple ? Pas si sûr. Et quand bien même ils le feraient, l'impact sur l'emploi ne serait pas garanti. « En général, une relocalisation ne permet pas de récréer les emplois délocalisés à l'identique », dit l'économiste Olivier Bouba-Olga (lire ci-dessous) . En clair, ces emplois sont souvent plus qualifiés, moins nombreux. Mais ils reviennent ! Une bonne nouvelle pour l'économie.
11.02.2009,Le parisien.