Actualité d'Amora-Maille depuis l'annonce du 20 novembre 2008.
Dijon, capitale de la moutarde : qui oserait contester cette identité revendiquée par la cité des ducs depuis des lustres ? Personne, serait-on tenté de croire. Et ce serait une erreur. Pour trouver l’insolent village qui rêve de devenir calife à la place du calife, il faut traverser l’Atlantique. Pour une fois, la perfide Albion n’y est pour rien. Perdue au milieu des prairies de l’ouest canadien, Gravelbourg, une petite communauté francophone de 1200 âmes, créée au début du XXe siècle par quatre frères venus du Québec. Son argument : des champs formant la première zone de production de graines de moutarde au monde. Car Dijon, cœur historique de la culture de cette plante, dont la tradition remonte au XIVe siècle, ne produit plus de graines. Il y a quelques années, la ville a également dû faire face à la fermeture de sa mythique usine Amora qui s’est réinstallée, pour partie, sur la commune de Chevigny-Saint-Sauveur.
Le Canada, lui, s’impose désormais comme le premier producteur mondial (bien que la moutarde n’ait été introduite là-bas que dans les années 1940). Et à Gravelbourg, qui jusqu’ici se contentait de vendre le produit brut, une première usine de transformation a vu le jour il y a deux ans. La législation est telle que la moutarde de Dijon répond à une recette et non à une indication géographique de production. Autrement dit, la moutarde de Dijon peut être fabriquée partout dans le monde avec n’importe quelles graines pourvu que la recette soit suivie. Reste que, quoi qu’il arrive, qu’elle soit produite au Canada ou ailleurs, elle ne peut s’appeler autrement que moutarde de Dijon…
D’où l’option prise par les Canadiens avec une ligne de condiments dénommée « Gravelbourg gourmet mustard ». Pour l’instant,elle n’est distribuée que dans l’ouest du Canada mais elle vise, à terme, l’exportation. Et certains rêvent de voir un jour Gravelbourg détrôner Dijon
…
Lien : http://www.bienpublic.com/cote-d-or/2013/06/05/moutarde-de-dijon-coup-d-etat-en-vue