Il y a un an, ils protestaient contre la fermeture de l'usine « historique » de Dijon. Deux ex-Amora évoquent leur vie d'aujourd'hui, entre amertume et envie de passer à autre chose. Deux anciens de l'usine de Dijon racontent leur parcours depuis près d'un an.
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Eric Saulin,43 ans,a retrouvé un emploi au sein du Grand Dijon
"J'ai songé à créer une association des anciens" "J'ai passé 21 ans chez Amora.Mon dernier poste,c'était conducteur de ligne.J'ai décidé d'être parmi ceux qui partaient parce que,pour moi,la direction avait perdu toute crédibilité en fermant le site après nous avoir dit que nous étions les meilleurs.
Chez Amora,mon salaire auquel s'ajoutaient l'intèressement et les primes était de 2800€. Aujourd'hui,au Grand Dijon,je gagne 1500€ par mois.En partant, j'ai touché une indemnité de 65 000€ bruts plus 6 000€ parce que j'avais retrouvé du travail .Avant d'entrer au Grand Dijon, j'avais aussi fait des démarches pour devenir chauffeur de bus ou thanatopracteur.J'ai très bien vécu mon arrivée dans mon nouveau poste,mais ne
plus voir les collègues,c'est un peu difficile .Je suis maire d'une petite commune,Spoy,et pendant le conflit Amora,je me suis réfugié dans ma fonction d'élu .De temps en temps,je croise un ex-collègue .J'ai même songé,un temps,à
créer une association des anciens d'Amora,dans l'esprit d'un reseau .Au moment où je l'ai proposé,ça n'a pas soulevé d'enthousiasme .Beaucoup avaient envie de passer à autre chose.Mais depuis quelques temps, des anciens m'en reparlent .
Il se pourrait que cela se fasse,finalement .Même si ce n'était qu'une usine,
Amora ,c'était un peu ma famille."
Denis Mangione,43 ans,suit une formation pour devenir plombier-chauffagiste
"Pour me former,j'ai dû me battre" "J'étais conducteur de ligne à l'atelier conditionnement .Pendant les vingt ans que j'ai passé au sein d'Amora,je peux dire que je me suis souvent "éclaté" .A une certaine époque,il y avait des projets,c'était motivant et on ne laissait pas les gens sur la touche.Il y avait une fierté réelle à dire qu'on était chez Amora .En revanche,les dernières années,on travaillait surtout pour le salaire...Je métais lancé dans des démarches pour entamer une formation de plombier-chauffagiste avant l'annonce du plan social .J'ai fait le choix d'un métier où je sais que je vais m'épanouir mais j'ai eu des difficultés pour monter mon plan de formation .Amora avait des places pour des gens de l'usine sur la plate-forme FMlogistique de Fauverney et j'ai vraiment eu l'impression que parfois,on voulait me forcer à faire le choix,qui n'était pas le mien .En terme d'image,FMlogistique était bon pour Amora,mais moi,ce n'était pas mon problème .Pour parvenir à ma formation,que je poursuis à l'AFPA jusqu'en juin,ce fut parfois un parcours du combattant.Je me sui battu parce que je savais ce que je voulais.Je viens de finir trois semaines de stage chez un artisan .Mon but,c'est de retrouver un emploi,même en intérim ou en CCD pour me faire mon expérience en plomberie-chauffage.Même s'il y a le souci de l'avenir,aujourd'hui,je me sens bien .Je me débrouille comme j'ai toujours fait.Je suis resté en contact régulier avec une dizaine de personnes de chez Amora."
Le bien Public,vendredi 15 janvier 2010