samedi 22 novembre 2008
fermeture des sites Amora-Maille : salariés et élus vont réclamer des comptes Après le choc, la réaction à l'annonce de la fermeture de plusieurs sites Amora s'organise. François Rebsamen recevait hier des représentants du personnel. L a fonction de conseiller en communication existe-t-elle au sein du groupe Unilever ? Parce qu'en considérant l'émoi provoqué hier à Dijon, après l'officialisation de la fermeture de sites Amora, on aurait aimé ne voir là que la grosse bourde d'un de ces conseillers lointains qui n'aurait pas saisi le lien entre moutarde et Dijon.
Malheureusement, il n'y a pas de bourde. Juste une réalité économique, à laquelle il faut désormais faire face. Après le choc de l'annonce, salariés et élus locaux ont tenté hier de mettre sur pied plusieurs réponses.
Dans les locaux du comité d'entreprise, quai Nicolas-Rolin, on s'activait dès le matin, entre deux sollicitations journalistiques. Journaux, radios et chaînes de télévision se calaient sur la disponibilité des représentants du personnel.
« Un coup très rude à des salariés exemplaires »
Deux d'entre eux, Patrick Dubois et Sylvain Pépin, avaient rendez-vous en fin de matinée à l'hôtel de ville de Dijon avec le maire de la ville, François Rebsamen.
A l'issue de plus d'une heure d'entrevue, à laquelle participaient également les deux adjoints, Laurent Grandguillaume et Didier Martin, François Rebsamen a redit sa solidarité totale envers les salariés d'Amora. « En ce moment, poursuivait-il, les mauvaises annonces se multiplient. Celle de jeudi porte un coup très rude aux salariés exemplaires d'Amora, grâce au travail desquels l'entreprise a généré un bénéfice de 22 M€ l'an dernier. »
Un bénéfice que le maire de Dijon ne manquait pas de comparer au chiffre d'affaires de la société, avoisinant les 200 M€. « Cela représente un taux de profitabilité remarquable de 10 % » soulignait-il. Et tout cela pourquoi ?
Voilà l'une des questions que représentants du personnel et élus locaux veulent poser aux dirigeants d'Unilever, « un groupe, ajoutait François Rebsamen, qui, aujourd'hui, est dans l'incapacité de nous présenter et de nous expliquer sa stratégie industrielle et financière. » C'est donc pour demander quelques comptes sur ces sujets qu'une rencontre avec le P-DG d'Amora-Maille est réclamée. Elle devrait se tenir aux environs du 1er décembre à la préfecture de région.
« Nous voulons savoir où passent les 22 M€ de bénéfices et je voudrais comprendre la stratégie de ce groupe qui se trouve aux mains de fonds de pension, poursuivait le maire de Dijon. On ne peut les laisser se comporter comme des prédateurs ! »
« Pas de raison de fermer un symbole »
Patrick Dubois, secrétaire du Comité central d'entreprise (CCE) d'Amora se montrait tout aussi direct : « Ce qui nous arrive est purement stratégique. La direction nous a annoncé des solutions envisageables, mais sur lesquelles nous n'avons jamais été consultés. Ce qui se passe est dramatique : il n'y a pas de raison de fermer ce symbole qu'est l'usine Amora de Dijon. »
Alors que le maire de Dijon en appelait également à l'union sacrée des parlementaires dijonnais de toutes tendances sur ce dossier (voir ci-dessous), au local du CE d'Amora, quai Nicolas-Rolin, on réfléchissait aux actions possibles destinées à faire comprendre que les salariés n'ont pas l'intention d'en rester là. Une manifestation pourrait être mise sur pied (la date du 6 décembre était avancée), par laquelle les employés des sites de Dijon et Chevigny-Saint-Sauveur souhaitent mobiliser l'ensemble des habitants du Grand Dijon.
« Nous voulons un débat, concluait Jean-Pierre Cordier, élu FO d'Amora, à l'Assemblée nationale sur ces gens qui sont des casseurs et sur la politique industrielle du président de la République… »