Actualité d'Amora-Maille depuis l'annonce du 20 novembre 2008.
François Sauvadet, président du conseil général, et François Patriat, président du conseil régional, ont appelé politiques et syndicats à s'unir pour gérer au mieux le dossier Amora- Maille.
LA mobilisation se poursuit chez les politiques concernant Amora-Maille. François Sauvadet (Nouveau centre), mais aussi Jean-Claude Robert (PS) pour le conseil général. François Patriat (PS) et Jean-Pierre Soisson (UMP), pour le conseil régional. Plusieurs élus de la majorité et de l'opposition au sein des deux collectivités territoriales ont rencontré lundi, dans les locaux de la Région à Dijon, des représentants syndicaux d'Amora-Maille. L'annonce, jeudi dernier, de la suppression de 296 emplois, selon les syndicats (265 selon la direction), et la fermeture de deux sites de production de son groupe (l'usine de moutarde historique de Dijon et d'Appoigny dans l'Yonne) a fait l'effet d'une bombe. « L'objectif aujourd'hui est de vous écouter afin qu'il n'y ait pas de dissonances inutiles dans nos interventions. Il faut chercher la coordination au maximum pour mettre en place un front commun », a déclaré, en préambule, François Patriat, le président du conseil régional. « L'ensemble des forces politiques doivent être réunies pour essayer de répondre à cette situation et voir comment, selon leurs propres moyens, elles peuvent faire des propositions de nature à faire évoluer la situation », a renchéri François Sauvadet, président du Département (*).
« Patrons voyous »
Parmi les représentants des salariés, Jean-Pierre Cordier (FO) a rappelé « qu'il n'y avait aucun motif économique pour expliquer ces licenciements et la disparition de ces deux sites » ; « ce groupe gagne de l'argent », a-t-il insisté. « Nous sommes vraiment ici dans le cas de ce que le président de la République a appelé des patrons voyous ». Quant à Sylvain Pépin (CFDT), tout en rappelant qu'il ne fallait pas se tromper d'interlocuteur - « Ce n'est pas Amora-Maille, mais Unilever France qu'il faut cibler », il a annoncé que le comité de groupe Unilever France se réunira aujourd'hui et « qu'il interpellera, avec les autres représentants syndicaux, son président pour qu'il nous donne des comptes… »
Annonçant qu'une « cellule de crise » allait être mise en place au sein du conseil général sur ce dossier, François Sauvadet a demandé aux salariés de « faire remonter les informations » et a affirmé sa volonté de rencontrer « les acteurs principaux du gouvernement », ainsi que les responsables du groupe anglo-néerlandais. « Je serais également extrêmement vigilant sur les conditions de mobilisation des subventions… », a souligné François Sauvadet.
Pour le président du conseil régional, il faut que « des ministres s'engagent à nos côtés » tout en martelant la nécessité « de maintenir la recherche en Bourgogne » avant de conclure : « Nous sommes issus d'univers politiques différents et nous aurons des analyses différentes. Mais nous aurons au moins en commun le fait d'essayer chacun dans nos domaines, dans nos responsabilités, dans nos amitiés politiques, afin d'avoir une réponse positive au problème. »
Rappelons que François Rebsamen, sénateur maire (PS) de Dijon, a également reçu vendredi dernier les délégués syndicaux de l'entreprise tout en indiquant qu'il voulait rencontrer dans les jours qui viennent « le préfet et la direction du groupe afin de chercher une solution pour sauver l'usine… ».
(*) A noter qu'au sein du conseil général, l'ensemble des élus, de droite comme de gauche, a déposé lundi un vœu pour affirmer son « opposition à la fermeture au site historique Amora-Maille à Dijon qui entraîne la suppression de 296 emplois… »
Le Bien Public,mercredi 26 novembre 2008