Actualité d'Amora-Maille depuis l'annonce du 20 novembre 2008.
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Fralib. En réaction à la sanction d’un délégué syndical, la CGT fait grève. Le conflit se règlera aux Prud’hommes.
Le 2 septembre était un jour de rentrée agitée pour les salariés de l’usine Fralib de Géménos, entreprise du groupe Unilever spécialisée dans la fabrication de sachets de thé (Lipton, Eléphant). Tout le personnel syndiqué CGT s’est mobilisé autour d’un de leur délégué, sanctionné par la direction. Après la décision d’une mise à pied de 3 jours, les salariés se mettent en grève toute la journée du 22 septembre. Hier, n’ayant obtenu de réponse de leur direction, qui ne souhaite toujours pas s’exprimer, ils promettaient de porter le dossier devant le conseil prud’homal.
Pourtant, il y a plus d’un an, « on s’est battu pour la pérennité de l’entreprise », rappèle Gérard Cazorla, secrétaire du Comité d’entreprise CGT Fralib. A cette époque un plan social est envisagé : 57 salariés doivent passer à la trappe. « Le 16 mars 2007, on sort du conflit en ayant sauvé 17 emplois », précise le syndicaliste. On s’assure une plus grosse production, on investit dans une nouvelle machine. L’avenir semble plus clément. Jusqu’à ce qu’un nouveau changement s’opère. « On nous met l’ancien directeur de Coca-Cola des Pennes Mirabeau aux commandes avec, s’avère-t-il, pour mission d’affaiblir la CGT », estime Gérard Cazorla.
Le directeur ainsi fraîchement recruté, met en place un projet de restructuration de la maintenance. Soit « on transforme des mécanos en opérateurs », traduit le secrétaire, on sous-qualifie. La CGT émet un avis défavorable et informe les salariés. Il est reproché au délégué CGT « d’avoir assisté aux réunions dans un groupe qui n’est pas celui de référence, explique Gérard Cazorla, sous le prétexte : remise en cause de l’autorité de l’employeur ». Après un entretien, le délégué est puni de 3 jours de mise à pied.
Pour le syndicat, « c’est clairement une atteinte au droit syndical, l’expression d’une volonté de casser la CGT ». Une grève est observée ce lundi 22 septembre. Les délégations des syndicats CGT des autres membres du groupe Unilever, Knorr, Lever, Amora, Miko et Alsa, se portent solidaires. Au terme de cette journée d’action, sans avoir obtenu plus de clémence que d’explication de la part de leur direction, les grévistes lancent une pétition de soutien. Et la CGT, qui n’entend pas se laisser museler si facilement, après avoir grogné, montre les dents et sort la carte des prud’hommes. L’intervention d’un tiers devrait au moins amener de quoi déverrouiller le bec des responsables du groupe.
MYRIAM GUILLAUME