La colère se lisait mardi sur le visage des salariés d'
Amora-Maille, à Dijon (Côte-d'Or), à l'issue du dernier comité central extraordinaire lié au plan de restructuration. Ce projet prévoit la suppression de 244 postes, moins éventuellement 32, sur un effectif global de 453 personnes.
Représentants du personnel et de la direction se sont quittés sans aucun accord sur le montant des indemnités. « Ils restent campés sur leur position de 12 500 à 19 000 euros pour un salarié qui a entre 1 et 15 ans d'ancienneté, ce qui est inacceptable, et nous n'avons pas voulu rendre d'avis », déclare Bernard Deschamps, membre du CCE et délégué CFDT. Le syndicaliste et ses collègues entendent négocier sur une base de 400 000 euros par personne, soit un total, selon eux, qui « n'atteint pas les 2% des 5,3 milliards d'euros de bénéfices engrangés par Unilever en 2008 », la maison-mère du numéro un des produits condimentaires.
Tous les sites bloqués Une dernière réunion, en dehors de la procédure légale, doit se tenir lundi prochain pour qu'un avis du CCE soit rendu, selon la direction, « d'ici au 25 mars ». En attendant, tous les sites bourguignons du fabricant se trouvent bloqués par des piquets de grève. « Nous redoutons des débordements car les nerfs craquent devant tant de mépris pour la vie des gens », assure un autre membre du CCE. Dans un communiqué, Hervé Laureau, président d'Amora-Maille, rappelle la « nécessité » de cette restructuration, accompagnée « d'indemnités et de primes de très haut niveau ».
Il évoque 304 emplois immédiatement proposés, dont 104 en interne, 50 « identifiés » et 150 chez FM Logistic qui construit une vaste plate-forme sur la commune de Fauverney, non loin de Dijon. Le dirigeant égrène aussi les mesures financières de compensation « pouvant atteindre 100 000 euros par personne en fonction de l'ancienneté », sans avoir pu vraiment convaincre sur ce calcul, sauf à avoir 35 ans d'ancienneté, 51 ans, bénéficier d'un congé de reclassement, déménager ou enfin retrouver un emploi à salaire moindre.
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De notre correspondant en Bourgogne-Franche-Comté, Didier Hugue,http://www.usinenouvelle.com/ http://www.usinenouvelle.com/article/amora-maille-syndicats-et-direction-se-quittent-sans-accord.160844