Actualité d'Amora-Maille depuis l'annonce du 20 novembre 2008.
« Il y a des salariés effondrés. C’est toute une histoire humaine qu’Unilever n’a pas su préserver », confiait hier Mamadou N’Gningue, délégué syndical central CGT d’Amora, à la veille de l’arrêt définitif des usines
de Dijon (Côte-d’Or) et d’Appoigny (Yonne) de la célèbre marque. En fermant ces sites, c’est à une histoire de deux siècles qu’Unilever met un terme, dans la douleur et l’amertume. Ces dernières décennies, la société Amora-Maille était passée successivement sous les fourches caudines des groupes Générale occidentale, Danone, Paribas, avant d’être rachetée, en 2000, par la multinationale anglo-néerlandaise. En novembre dernier, Unilever avait jeté la stupeur dans la « capitale de la moutarde » en annonçant la fermeture des usines de Dijon (sauces et condiments) et d’Appoigny (cornichons). La production devrait, pour l’essentiel, être transférée sur le site de Chevigny, à une dizaine de kilomètres de Dijon. Sur les 261 salariés touchés, 95 retrouveront un emploi à Chevigny. Les autres se sont portés « volontaires » au départ, moyennant des indemnités minimums de 50 000 euros. Après des mois de mobilisation des salariés, de la population et des élus locaux, la signature d’un accord sur ce plan, en mars, par la seule CFDT, contre l’avis de la CGT et de FO, avait marqué la fin du conflit. Amora Dijon fait les frais de la « stratégie purement spéculative, financière » d’Unilever, dénonce le délégué CGT, qui craint fort que le regroupement des activités à Chevigny soit le prélude à la vente de ce site. Unilever est engagé depuis 2007 dans un plan massif de réduction de coûts et d’augmentation de sa marge opérationnelle (à 15 % en 2010), passant par la contraction de son portefeuille de marques, la suppression de 20 000 emplois et la fermeture ou la réorganisation de 50 à 60 usines dans le monde.
Y. H.
http://www.humanite.fr/2009-07-16_Politique_Amora-Dijon-fin-de-l-histoire