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Actualité d'Amora-Maille depuis l'annonce du 20 novembre 2008.

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La moutarde de Dijon déménage

L’usine d’Amora-Maille située à Dijon cessera demain la production après 98 ans d’activité :

L’usine de moutarde Amora-Maille de Dijon fermera définitivement ses portes demain. Les deux lignes de production encore en fonctionnement pour une journée ne repartiront pas samedi, mettant ainsi un point final à une histoire vieille de presque un siècle. C’est en effet en 1911 que la petite entreprise posa son usine quai Nicolas-Rolin, le long du canal de Bourgogne, les graines de moutarde arrivant encore par bateau.

 

Dans la cité, le choc est grand. « Je ne suis pas d’accord avec cette fermeture », se navre Valérie Ville, pharmacienne dans le centre-ville. « C’est désolant de penser que la ville va perdre une partie de son patrimoine. Nous avons signé toutes les pétitions, alimenté un site Internet pour sauver l’usine et les emplois, mais rien n’y a fait », continue-t-elle, dépitée. Il est vrai que depuis l’annonce de la fermeture du site, en novembre dernier, par Unilever, la maison mère d’Amora, beaucoup de commerçants, d’habitants et d’élus bourguignons s’étaient mobilisés pour sauver leur usine. En vain.

Néanmoins, la direction tient à se montrer rassurante.

« Cent pour cent des condiments produits à Dijon resteront dans la région, puisque notre site de Chevigny-Saint-Sauveur, qui se situe en banlieue dijonnaise s’agrandit », nous déclare-t-elle au téléphone. « Nous ne faisons que transférer la production, l’objectif étant de concentrer toutes nos activités de fabrication sur un site unique », poursuit-elle, affirmant avoir vu ses ventes fondre de 20 % en six ans pendant que celles des marques de distributeurs (MDD) bondissaient de 23 %. L’usine de Chevigny, qui se situe à une quinzaine de kilomètres du site historique, va donc regrouper la production de moutarde, de mayonnaise et de cornichons.

La vinaigrette, qui avait été délocalisée en République tchèque, sera même relocalisée à Chevigny.

 

Cet agrandissement permettra de reclasser 86 salariés sur les 184 que compte le site de Dijon. L’ouverture d’une plate-forme logistique nationale à Fauvernay, toujours en Côte-d’Or, créera une centaine de postes. « Tous les emplois disponibles chez Unilever vont être proposés aux salariés et nous essayons de proposer un maximum d’offres en Bourgogne », assure la direction. L’équipe dirigeante affirme également que des démarches de formation seront progressivement proposées. Fin mars, un accord signé par la seule CFDT avec la direction d’Unilever mettait fin à une série de manifestations et de grèves, en octroyant à chaque salarié concerné, en plus des indemnités légales de licenciement, une prime de préjudice de 50.000 euros.

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