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18.10.2010, 18h33
Les salariés des six usines d'Unilever FRANCE ont participé à des débrayages lundi pour protester à la fois contre la réforme des retraites et contre le projet de fermer l'usine Fralib à Gémenos, (Bouches-du-Rhône), qui fabrique les thés Lipton et les infusions Eléphant.
Lundi matin, les deux usines Knorr de Duppigheim (Bas-Rhin) ont débrayé pendant une heure en signe de solidarité avec leurs collègues de Fralib à Gémenos, alors que se déroulait un comité de groupe ce même jour à Paris, selon Léa Vacher (CGT).
Les débrayages ont touché aussi les usine Amora de Chevigny-Saint-Sauveur (Côte-d'Or) et Maïzena de Ludres (Meurthe-et-Moselle), le site qui fabrique des dentifrices à Compiègne (Oise) et celui qui produit la lessive Sun à Saint-Vulbat (Ain), selon Gérard Cazorla, secrétaire du comité d'entreprise.
"Plutôt qu'amener les salariés à Paris, nous leur avons proposé de se disséminer dans les autres usines, à qui il peut arriver la même chose, car Unilever sacrifie tout à la rentabilité à court terme", a indiqué M. Cazorla.
"Ce sont aussi des débrayages contre cette réforme des retraites, qui n'inclut aucune mesure fiscale pour combattre la recherche de profit à court terme. Chez Unilever France, deux tiers des 10.000 emplois ont disparu en dix ans, c'est autant de cotisants en moins pour la retraite", a-t-il ajouté.
La direction a précisé à l'AFP qu'une partie de ces emplois "disparus" étaient dans des usines revendues et a fait état de "seulement une cinquantaine de débrayages sur 3.200 salariés" lundi.
L'usine de Gémenos "n'est pas compétitive et les coûts de production évalués par l'expert du comité d'entreprise ne peuvent être pris en compte car ils n'incluent pas les coûts de marketing et de distribution", a indiqué un porte-parole.
Selon l'expert du CE, le coût total des salaires, cotisations sociales et patronales incluses, représente 15 cents par boîte de thé à l'usine de Géménos. Selon M. Cazorla, "l'usine représente une remontée annuelle de dividendes de 60 millions d'euros par an et le groupe veut la délocaliser en Pologne".